vendredi 29 mai 2009

Mourir, c'est pas drôle?


La fin d'une vie, les funérailles, c'est pas drôle, sauf que...
j'ai toujours eu le sentiment qu'aucune circonstance ne pouvait être à l'abri du rire. Plus une situation est tragique, plus le rire peut nous permettre de survivre. Il y a des moments difficiles, presque au-dessus de nos forces. Il y a des larmes qu'il ne faut pas retenir. Il y a des rires nerveux tout aussi nécessaires.

Je vous ai déjà parlé du décès de ma grand-mère Ferland. Alors qu'on m'avait appelé à son chevet à l'imminence de son décès, je m'étais rendu à la mauvaise place. A l'hôpital, on m'avait dit qu'elle était au salon. Je n'en revenais pas de voir comment elle avait pris du mieux vite. Arrivé au salon, une préposée avait dit: Madame Ferland! Vous avez de la belle visite.

La dame s'était avancée en chambranlant, l'air méfiant, puis elle avait dit: C'est qui celui-là? Je le connais pas! Je trouvais que ma grand-mère avait bien changé avec la maladie. Ce n'était pas elle. L'histoire avait eu le don de faire rire toute la famille pourtant pas dans l'ambiance pour rire.

Deuxième anecdote:
L'année dernière, j'étais allé visiter un oncle et une tante à leur maison de campagne. Je me rappelais les bons moments passés avec eux dans mon enfance. Je me souvenais en particulier d'une fête où était présent un illustre personnage ami de la famille que j'appelerai Son Honneur LeTarte.

Je n'avais pas vu Son Honneur depuis des années. On m'a dit qu'il était décédé depuis longtemps. Dans ma tête, il avait toujours été parmi les meilleurs amis de cet oncle et cette tante que je visitais. J'ai vite compris que j'étais royalement dans l'erreur lorsque ma tante ma dit cette phrase tout à fait suave et révélatrice: Nous avons tenu à aller le voir au salon funéraire. Nous voulions être sûrs qu'il était bien mort.

Connaissant la réserve, la diplômatie de ma tante, je me suis permis de rire de l'événement autant que je le pouvais.

Le rire est essentiel à notre hygiène mental. On devrait pouvoir rire de tout, même de ce qui est le plus tabou. Mais je déplore qu'aujourd'hui, il y ait tant de domaines où on ne se donne plus le droit de rire. On se scandalise vite. On crie vite au racisme, à l'homophobie, au sexisme, etc.

Il y a des choses cependant que je prends toujours très au sérieux, ce sont les demandes de mon fils. Il m'envoie ceci à votre attention


On a fait que du vent
Le Balcon café-théâtre
304 Notre-Dame Est, Vieux-Montréal
Information, réservation et billetterie
(514) 528-9766 / 1-888-528-9766

mercredi 27 mai 2009

Caché dans le clocher

La vie de Louis Joseph Papineau est fascinante. Déjà la photo donne une idée du personnage. Si l'on se fie à sa couette fièrement relevée, on dirait qu'il a inventé la coupe Tintin. Mais ce n'est pas ce qui l'a fait passer à l'histoire.

Signalons toutefois que c'est lui qui a inspiré l'expression Avoir la tête à Papineau.

Plusieurs éléments font que beaucoup de souvenirs émouvants me reviennent en tête en pensant à lui. La dernière fois que j'ai vu mon père, il m'avait fait visiter le château de Montebello et tout à côté le Manoir Papineau où avait résidé ce dernier. Le Château a été construit sur les terrains de l'ancienne seigneurie de Louis-Joseph Papineau. Un domaine superbe!

Manoir Papineau 1920 Cliquez pour détails
Cliquez sur la photo du ChâteauLe château de montebello est d'une beauté impressionnante. C'est la plus grande habitation en bois rond au monde. Là se sont réunis plus d'une fois les chefs d'état des nations les plus industrialisées. Deux présidents des États-Unis y ont séjourné: Ronald Reagan et Georges W.Bush. La construction du château a nécessité 10,000 billots en cèdre rouge qu'on a fait venir en train de Colombie Britannique.

Je ne peux penser à Louis-Joseph Papineau sans penser à mon père, non sans un certain pincement au coeur. Il portait fièrement ce jour-là un chapeau de cowboy. Il me faisait visiter les lieux comme s'il en était le propriétaire. Il me fit visiter la marina en mon montrant un grand voilier qu'il disait venir d'acquérir.

Il avait des talents d'acteur. Il riait, gesticulait, prenait des airs de grand seigneur. Il me montrai oû il avait fait asseoir le Président Ronald Reagan des État-Unis. Il était de fort bonne humeur. C'est la dernière fois que j'ai vu mon père en santé. La fois suivante, il était mourant. Il ne lui restait que 3 jours à vivre.


Louis-Joseph Papineau eut une carrière glorieuse au plan politique. Mais il a vécu dans des conditions beaucoup plus frugales dans les années de 1837 à 1845. Il faisait parti de la rébellion des patriotes de 1837. Certains de la famille de mes ancêtres furent faits prisonniers. Mais Louis Joseph Papineau eut plus de chance.

6 novembre 1837
La maison de Louis-Joseph Papineau, député de Montéal est attaquée par les Anglais.

23 novembre 1837

Combat à Saint-Denis. Victoire des patriotes devant les troupes anglaises. Mais elle fut éphémère. Louis-Joseph Papineau a dû fuir vers Saint-Hyacinthe. Il fut protégé par les prêtres du Séminaire où j'ai eu l'honneur d'étudier. Sa tête avait été mise à prix pour une somme de 4000$. On l'a caché dans le dôme du Séminaire, plus précisément dans le clocher que vous voyez sur la photo ci-contre.

Malheureusement cette partie historique du séminaire a été rasée par les flammes pendant que j'étais dans la salle d'étude avec environ 800 autres étudiants. On voyait la fumée sortir par les fenêtres adjacantes. On nous avait demandé d'attendre le signal pour sortir. Lorsqu'on nous a autorisés à sortir en rang, deux par deux, il était temps. Les flammes venaient de jaillir subitement comme soufflées par le vent. Mais tout se déroula dans le calme. L'attitude paisible des surveillant avait un effet bénéfique. Nous pensions au congé qui devait venir. Quelques collègues ont même dit aux pompiers que nous avons croisés: Laissez faire le feu. On va venir l'éteindre demain.
J'ai pris les photos le lendemain. Nous avons été quitte pour un congé d'un mois. Toutes les notes d'examen ont été brûlées avec le séminaire. Le seul échec de mon cours, je venais de l'avoir, en mathématiques. Tout a passé au feu, mes résultats aussi. À tout malheur, bonheur est bon. Je n'ai jamais plus entendu parler de cet échec.

Professeur de chimie (voir commentaires)
Le hasard fait bien les choses. À moins que ce soit le Bon Dieu. Après mon échec de mathématiques, j'étais un peu découragé à l'idée de la reprise devant avoir lieu durant mes vacances d'été. Il fallait que je travaille, moi, l'été.

J'avais prié de toutes mes forces pour que Dieu me vienne en aide. Depuis que le feu a pris au Collège, je n'ai jamais cessé de croire en lui, en sa toute puissance.

La vie qui fuit


Cliquez pour vidéo
C'est vrai qu'on s'est cru éternel
C'est vrai qu'on rêvait d'aller plus loin
Et puis tout à coup, plus rien!
Extrait de la pièce musicale "On a fait que du vent" (Jipé Dalpé)
Je m'excuse pour la mauvaise qualité du son si votre système n'est pas récent.

Lorsque j'étais étudiant, j'étais président de classe. Notre dernière année: 64-65. Et tout à fait par hasard, ces deux chiffres correspondent à notre âge actuel. Quand on passe tant d'années ensembles que nous l'avons fait, on imagine mal qu'on va se séparer pour toujours, pour la plupart.

Après notre party de finissant, nous avions juré de nous revoir l'année suivante. Je ne pouvais concevoir qu'après toutes ces années, c'était fini de nous. Mais il ne se passa plus rien. C'est souvent comme ça la vie. Dans un party de famille, à des funérailles par wxemple, on se promet toujours de se revoir. On S'échange ses coordonnées, mais il n'y a pas de suite.

L'année dernière, un de mes anciens collègues de classe m'a retracé sur le site web classmates. Il n'en fallait pas plus pour qu'il me rapelle à l'ordre. Nous ne nous sommes jamais revus tous ensembles depuis la fin de nos études.

Mon honneur était en jeu. On a bien pris soin de me rappeler que j'avais été nommé à vie. Et dire qu'il y a des présidents ou des premiers ministres qui serait prêt à tout pour obtenir ce privilège. Me croirez-vous si je vous dis qu'il y en a même qui ravagent les forêts, détournent des rivières pour passer à l'histoire. J'ai donc décidé de ne pas me défiler.

J'ai bientôt eu de l'aide pour les recherches. Un vrai travail de moines. Le gros du travail a été fait avec des moteurs de recherche très simples. Une de mes collègues a été particulièrement habile pour étudier les photos sur différents sites en les comparant avec les photos de notre journal de finissant. Pouvez-vous imaginer le niveau de difficulté.

C'est fou tout de ce que nous avons découvert. Certains confrères ont eu des positions très enviables. Mais peu importe le chemin parcouru, le niveau de visibilité ou de notoriété, chacun est captivant. Nous avons aussi comparé le choix de carrière avec ce que les hasards de la vie ont provoqué comme changements.

Il nous semble tous que nous venons de terminer nos études. Les souvenirs sont tellement présents. C'est halluciant. On réussit à peine à croire que tant de temps a pu passer. Un choc! Mais savez-vous d'où est venu le pire choc? Déjà, le tiers de la classe se trouve dans la catégorie des disparus.

Il faut réaliser que nous avons l'impression que nous étions ensemble il y a peu de temps. J'ai regardé souvent le journal des finissants. Pour moi, les seuls souvenirs que j'ai des mes ex-confrères s'arrêtent pour la plupart à une période où nous avions 21 ans ou presque.

Imaginez, plusieurs d'entre nous ne se sont jamais plus revus depuis...

lundi 25 mai 2009

Mission dans les Iles Mingan

Il y a des jours où ça fait du bien de chiâler. Vient un temps où il faut passer à l'action. C'est ce que j'ai fait. Je me suis présenté à Pêches et Océans Canada.

L'édifice que voici est leur joyau de Havre-Saint-Pierre. On y accueille les visiteurs pour la tournée des Iles en été. Il est situé juste en face de l'hôpital où Laure travaille. En plus, c'est là que l'Honorable Jean-Charest a présenté son projet de barrages la semaine dernière. D'une certaine façon, je suis sa trace.

Cliquez

J'ai donné mon nom comme volontaire pour des tâches ou des travaux liés à l'écologie. On m'a proposé ce matin une tâche dans les Iles Mingan. Nous irons dans plusieurs iles en bâteau.

Pour faire quoi? Vous ne devinerez jamais. Quand on m'a proposé le travail de bénévolat à faire, je me suis éclaté de rire. Ceux qui me connaissent savent que j'ai un rire saccadé très distinctif. On m'entend de loin. Le travail que je sera appelé à faire est beaucoup plus humble que les grands travaux annoncés par notre Horables PM. Je vous promets de vous donner plus de détails bientôt. Jamais de ma vie je n'aurais pu penser mettre ça dans mon CV.

Lieu d'embarquement à 5 minutes de marche de chez moi. (Photo 20 mai 2009)
Cliquez pour agrandir la photo.


Voici la tâche à accomplir. Il s'agira de compter les crottes de lièvres sur les différentes iles. Nous serons équipés de bâtons pour la cueillettes d'échantillons par secteur. Je me pose moi-même bien des questions, ce qui rendra encore l'expérience plus intéressante. Vous voyez ça dans mon CV?

samedi 23 mai 2009

Bâtisseur, vous dites?

Photo prise à 5 minutes de marche de chez moi, Havre-Saint-Pierre
Le 20 mai 2009


Avez-vous peur des mauvais plans de Jean Charest?Photo MailOnline (Avertissement: Certaines photos peuvent choquer de jeunes enfants)

Je me répète. Mais le sujet le mérite.

À grands renforts de publicité, le Gouvernement Charest annonce le Plan Nord. Si vous n'avez pas pu voir la vidéo, c'est urgenr de le faire.Cliquez sur la photo de l'homme politique plus bas.

Cliquez pour l'exposé magistal de Jean Charest
Un discour très révélateur


Les 6,5 milliards de $ iront à qui ?
  • Dans les municipalités: 12 millions ont déjà été distribués. Une municipalité de moins de 300 habitants a pu recevoir plus d'un millions. Et le projet n'était pas encore officiellement annoncé.
  • Aux entrepreneurs et amis du parti. Il faudra faire très vite. Donc becaucoup d'argent et peu de contrôle. C'est devenu une habitude.
  • 3 000$ par personne iront directement dans les poches des autochtones. Ils le méritent. C'est même trop peu. Mais ils auraient bien plus besoin d'infractuctures, de loisirs, de gagne-pain, de formations, etc. Cet argent risque davantage d'alimenter les problèms sociaux que de les résoudre. Au moins une communauté autochtone a choisi d'agit autrement en investissant justement l'argent dans ses infrastructures: Mingan.

  • On va prendre l'argent où pour payer tout ça?
    Bien sûr on va ajouter le tout à la dette qu'on va payer pendant plusieurs générations, surtout celles de nos enfants.
  • Nos ventes d'électricité vont-elles réussir à diminuer la dette engendrée par les travaux?Pas du tout. Les Américains hésitent. Plusieurs ne considèrent pas l'électricité comme de l'énergie verte, à cause des terres inondées, des zones de chasses et de pêches détruites, des forêtes abattues, des changements climatiques. L'énergie solaire sera moins coûteuse et les Américains pourront bientôt produire la leur.

L'énergie solaire: cliquez sur l'image.


En plus de ne libérer aucun effet de serre, un espace de panneaux grands comme la superficie de la France situé en plein désert pourrait fournier 100% de la consommation mondiale en énergie.
Cette forme d’énergie serait disponible dans tous les pays y compris les pays où il pleut souvent.

(...)Quels est l’avenir, dans ce contexte, des sables bitumineux? Quel est l’impact sur notre production future d’hydro-électricité qui coûte de plus en plus cher à produire en comparaison avec l’évolution des cours de l’énergie solaire?


(...) il y a déjà des lobby anti-hydro aux USA. Serons nous ( pogné ) avec notre éléphant blanc une fois que ces panneau solaire aurons envahis le désert du nevada ? Probablement que oui ! puisque Barak a clairement mentionné qu'il visait l'indépendance énergétique à court ou moyen terme.


Ce dernier texte est écrit pour les investisseurs contrairement à la publicité libérale et son plan qui s'adressent à l'électorat et les fournisseurs de la Caisse électorale.

Revenons sur le caractère d'urgence accordé au projet.
On voudra en même temps labourer le Nord de nouvelles routes, étendre l'exploration minière partout en même temps, inonder les terres, s'attaquer aux forêts, aux animaux, aux poissons, la faune. Folie! S'attaquer à 70% du territoire québecois tout d'un coup sans trop attirer l'attention de la communauté internationale, c'est tout un défi. Quant à nos écologistes, ils ne menacent personne pour le moment. L'opposition?

Ceci prendra tout son sens le 5 juin prochain alors que l'on verra dans tous les grands pays du monde, en même temps, au cinéma, à la télé, sur Internet, un film choc pour réveiller la conscience des habitants d'une terre en péril,

Cliquez sur le lien

Fin de la planète terre? : À voir le 5 juin 2009.

Photo prise à 5 minutes de marche de chez moi, Havre-Saint-Pierre
Le 20 mai 2009

vendredi 15 mai 2009

Massacres à la chaîne

J'ai parlé dans mes derniers billets de la richesse de la beauté sauvage de la Côte Nord sans savoir vraiment ce qui nous attendait ici sur la Côte Nord. J'en avais quelques vagues soupçons.

CliquezLa Côte Nord ne sera plus jamais la même. Nous sommes la dernière génération à pouvoir en apprécier les charmes, la nature sauvage. Les immenses territoires permettant aux visiteurs un dépaysement total, il faudra les chercher ailleurs. Heureusement, il reste l'exploration spatiale, les livres d'images pour enfants. Ou peut-être serons-nous tous morts, mon frère...

Cliquez pour l'exposé magistal de Jean Charest
Un discour très révélateur
Oui, c'est génial! Même si je suis contre le projet, j'ai le goût d'applaudir. Mais où est l'opposition? les environnementalistes?

Politiquement, le plan d'action de l'Honorable Jean-Charest est génial
  1. Il se fait le défenseur des régions en investissant des sommes colosalles. Six milliards et demi de dollars, sinon plus.

    On lui a souvent reproché d'être insensible aux régions éloignées. Il a détourné des fonds qui leur était destiné. Il a versé des sommes considérables à des entreprises de Montréal destinées à s'occuper des régions. On a ouvert, avec cet argent un hôtel de luxe à Montréal pour chiens et chats. La liste des scandales est très longues.


  2. Il fera baisser temporairement le taux de chômage.
    Il sera le champion canadien probablement. Il y aura beaucoup d'emplois directs et indirects de créés. Mais le tout sera temporaire, laissant misère et désolation à la fin des travaux.


  3. Jean Charest se fait, avec émotion le défenseur des premières nations
    Tout le monde sait qu'elles en arrachent les premières nations. Elles vivent de chasse et de pêche. Elles ont, au sein de leur communauté des problèmes sociaux que l'on peut comprendre. Les millions générés vont-ils aider à pallier au manque de moyens pour y faire face: des projets stimulants, des loisirs, des infrastructures? Rien n'est moins sûr. Certains peuples autochtones concernés tenus à l'écart en souffriront plus que d'autres, sans aucune compensation pour leur territoire qu'on aura démoli.


  4. Les grands projets favorisent souvent les abus pour ne pas dire la corruption, surtout si les sommes versées doivent donner lieu à des actions rapides où tout contrôle apparait source de ralentissements.

    On a parlé ici de l'urgence à cause du contexte économique. On a même parlé de réaliser dans un an le barrage de la rivière La Romaine. Les hommes d'affaires les moins scrupuleux adorent ce genre de situations. Ils sont reconnaissants. Les syndicats aiment aussi en profiter. Je passe sous silence les coûts de la criminalité partout présente où coule l'argent.


  5. Jean-Charest pourra se vanter d'avoir livré la marchandise et rempli ses promesses électorales.

    Le slogan de la dernière campagne était L'économie d'abord. Il avait besoin de rehausser son image au plan économique. Il lui faut faire oublier les scandales financiers dont celui de la perte de 40 milliards de dollars dans la Caisse de Dépôt et de Placements du Québec. On pourrait aussi parler des catastrophes de la construction d'un CHUM invisible. On peut parler les FIERS (fond d'investissement régionaux). On peut parler des sommes prévus pour les infrastructures qui n'avancent pas et qu'on accuse le Fédéral de bloquer. L'économie d'abord, c'était bien mal parti. Il fallait une diversion, une dérivation des cours d'eau.


  6. L'opposition péquiste, déjà très timide, ne parle pas beaucoup. Il faut reconnaître toutefois que la concentration des médias ne permet pas toujours d'entendre les critiques de l'opposition.
Treize des seize plus longues rivières du Québec sont harnachées et on connaît encore mal l'impact cumulatif de cet endiguement sur la production des écosystèmes aux embouchures (sur le Saint-Laurent notamment). On constate cependant que le Saint-Laurent est malade. Enlever à ce « malade » une autre rivière qui le nourrit est un élément qui mérite d'être débattu. Ces rivières font partie d'un patrimoine naturel qui appartient à tous les Québécois, à ceux de la région de Havre-Saint-Pierre bien sûr mais également à l'ensemble des Québécoises et des Québécois, lesquels devraient pouvoir en débattre dans un processus d'audiences ouvert et transparent.

L'omble de fontaine (la truite mouchetée) disparaîtra de la rivière Romaine. On y ennoiera un territoire de 250 kilomètres carrés incluant de magnifiques forêts surannées (cela me fait un peu rire quand Hydro nous invite à sauver un arbre en nous abonnant à la facturation électronique). 12,6 kilomètres de rivières seront court-circuités et pratiquement asséchés (zéro débit réservé ! dans le cas du premier barrage). On y transformera un écosystème fonctionnel de rivière en un système lacustre de mauvaise qualité. Alors que le Québec bénéficie d'un surplus énergétique


Voir l'article complet en cliquant ICI

On compte sur la Romaine pas moins de 16 chutes et 119 rapides (il n’est pas exclu qu’on ait oublié quelques rapides). Au fait, c’est l’une des dernières rivières sauvages du Québec, où l’homme se fait plutôt rare.

À l’ouest de l’embouchure de la Romaine se trouve la communauté innue de Mingan et à l’est de la rivière se situe la communauté innue de Natashquan (ville natale de Gilles Vigneault). Le parc national de l’Archipel-de-Mingan fait face à l’embouchure de la Romaine. (Article complet)

Contrairement à la plupart des pays industrialisés, le Canada ne compte pas sur une économie verte pour se sortir de la crise économique en cours. Cliquer sur l'image pour en savoir plus.

HOME 2009
Voir les photos du billet précédent et le commentaire de Michel

Pour alléger un peu l'athmosphère
Concours de chapeaux
À gauche: fourure animale (Côte Nord),
à droite tissus synthéthique (européen)


Quand on ne respecte pas la nature, elle finit toujours par riposter. Les catastrophes naturelles viennet justement de la nature.

mercredi 13 mai 2009

Massacre sur la Côte Nord

Cliquez sur la photo pour lire le reportage de La Presse
Quand je suis arrivé dans la région de Havre Saint-Pierre, j'ai été ébloui. J'avais même écrit que je croyais avoir découvert le Paradis. J'étais emballé par la nature sauvage, des territoires immenses comme on n'en trouve plus.

Aujourd'hui, pendant que nos politiciens, nos hommes d'affaire, les autochtones et les blancs font la fête, j'ai le goût de pleurer, seul. Seul, pendant que notre premier ministre célèbre ce qui, à son avis, est un des plus grands jours pour le Québec et l'hydro-électricité.

Le 9 mars 2009, je vous avais laissé le textes et les photos suivantes:

Havre Saint-Pierre, 2009
Regardez cette photo. Admirez le paysage sauvage. Il n'a pas changé. Cette photo récente aurait pu être prise en 1534.Pas de pollution. On peut parcourir plus de 150 km en ne voyant presque jamais d'auto ou d'habitation. Les bois regorgent de gibiers très succulents, de caribous



Pour savourer à fond, le récit que je me prépare à vous faire, il faut fermer les yeux. Pas tout de suite. Permettez que je vous situe le décor.

Le 15 mars, j'avais publié ceci

La nature sauvage nous invite à vivre en harmonie, en paix. Voici une photo que j'ai prise hier matin près de chez-moi. La mer et la forêt se donnent la main. Un paradis! La région est l'une des plus ensoleillées au Québec. Depuis que je suis ici, le ciel est presque toujours d'un bleu pur, sans aucun nuage, sans humidité. Si vous regardez toutes les photos que j'ai prises, vous pourrez le vérifier. Le plus étonnant, c'est que je n'ai pas tenu compte du temps pour prendre mes photos.

Pas de pollution. On peut parcourir plus de 150 km en ne voyant presque jamais d'auto ou d'habitation. Les bois regorgent de gibiers très succulents, de caribous par exemple.

Le Québec est l'endroit au monde où il y a le plus de cours d'eau. Ajouter une immense forêt, des bonnes odeurs et gardez les yeux fermés. Laissez-vous pénétrer par l'ambiance. Maintenant, ouvrez les yeux.

Cliquez pour mieux saisir la splendeur du décor
Cette photo aurait pu être prise il y a 500 ans...
Elle a été prise le 15 mars 2009, dans la ville même de Havre Saint-Pierre.


Le 26 mars j'avais publié ceci

Toutes les photos qui suivent, je les ai prises jeudi le 26 mars. Vous remarquerez une autre fois la limpidité du ciel bleu. C'est presque toujours comme ça, sauf lorsqu'il neige.

Cliquer sur les photos pour aggrandir.


La belle Laure et une belle église



Ce village de Baie-Johan-Beetz compte 93 habitants. Un paradis au bord de la mer, perdu au beau milieu d'une forêts. Le manoir que vous voyez plus haut a été bâti par un aristocrate belge venu soigner un peine d'amour au Canada. C'est un gîte pour pêcheurs. Pouvez-vous imaginer un si beau joyau perdu au beau milieu d'un forêt.

Dans ce décor enchanteur, le Château, nommé ainsi par les gens du village, est classé monument historique depuis 1969. Fière de son passé et de la qualité de la pêche que l’on y pratique, la pourvoirie Baie-Johan-Beetz et les villageois conservent jalousement leur riche patrimoine depuis 1897.

Tout ça est appelé à disparaitre très bientôt. Dans un an. Un an pour démolir ce que la nature a pris des millénaires à construire. Ça va coûter des milliards. Il n'y a rien de pire que d'avoir le goût de pleurer quand tout le monde rit. Les plus grandes réserves de saumons au monde... à ce qu'on disait!

À noter que le préfet de la MRC Pierre Cormier a tenu à ce que les discussions se fassent dans le plus grand secret pour ne pas nuire aux négociations, à ce qu'il dit. Beau prétexte! Il va aller loin ce monsieur. Les écologistes crient au scandale aujourd'hui. Mais où étaient-ils lorsqu'ils avaient pu s'exprimer?

Cliquez pour un autre point de vueÉditorial André Pratte

samedi 2 mai 2009

Natashquan: John Débardeur

Vue du pont de bois, à l'entrée de Natashquan
On voit se profiler à droite les cabanes dont je vous ai parlé dans le billet précédent, là où l'on traitait la morue et les peaux de phoques.
Cliquez

De Tadoussac à Natashquan, on rencontre 77 rivières tout en longeant le fleuve. Avant de s'avancer au coeur de Natashquan, on n'a pas le choix, il faut passer sur le pont de bois. Mais juste avant de s'engager sur ce monument vieillissant,on ne peut manquer deux édifices: le magasin général Ovila Landry, à droite face à la station service et de l'autre côté de la rue un restaurant invitant: Joe Débardeur. La bonne vieille pizza fut au menu.



Laure ne pouvait résister à la tentation d'une petite visite. Tous ces commerces sont importants dans nos vieux villages d'antan. Ces villages comprenaient tous en effet une église, un magasin général, un bureau de poste et, très souvent, une caisse populaire. Le magasin général éveillait aussi un peu de nostalgie pour Laure parce que son père tenait celui de son village natal à Ste-Clotile de Châteauguay.

C'était comme une oeuvre charitable que de tenir un tel commerce. En hiver, on devait souvent marquer le montant dans un petit carnet en espérant être payé à la venue des beaux jours. Dans ces temps anciens, c'était normal de s'entr'aider, de se priver pour ses voisins. Et il n'y avait pas de tricherie parce qu'on se connaissait bien.

Le magasin général, il est encore resté dans la famille Landry. Juste de l'autre côté de la rue, il y a le restaurant John Débardeur. Le vrai nom du monsieur était John Landry, débardeur dans sa jeunesse et cousin de Gilles Vigneault. C'est ce dernier qui avait tenu le magasin général auparavant. Il avait été maire du village et Gilles Vigneault allait le visiter à chaque passage à Natashquan. Ce monsieur Landry s'impliquait dans tout. II a été agent de transport des compagnies Clarke Steamship, Les Ailes du Nord, Québecair et Air Rimouski. C'était comme l'âme de Natashquan et son décès avait causé toute une commotion. Il avait pourtant 87 ans.

Gilles Vigneault l'a immortalisé dans sa chanson John Débardeur:
John Débardeur charge et décharge
Les caboteurs, les cargos et les barges
toujours à terre, jamais au large
Ça c'est l'affaire de John Débardeur

Noir de charbon, gris d'ciment, blanc d'farine
Portait toujours couleur de cargaisons
Les filles trouvaient qu'il avait triste mine
Lui parlaient pas, lui faisaient pas d'façons
Et cependant qu'on causait d'beaux voyages
Dans l'fond des cales à crier dans l'tapage

John Débardeur charge et décharge
Les caboteurs, les cargos et les barges
toujours à terre, jamais au large
Ça c'est l'affaire de John Débardeur

J'me suis laissé raconter dans les brumes
Qu"il n'attendait que l'moment d's'embarquer
Puis un beau soir, John a changé d'coscume
Beau comme un Prince est arrivé su'l'quai
Les fill's l'ont vu monter par la passerelle
Mais l'débardeur n'avait plus d'oeil pour elles

John Débardeur verra dans l'large
Passer les caboteurs, les cargos et les barges
I'sait leurs noms, I'sait leur carges
Ça c'est l'affaire de John Débardeur


Deux mois plus tard était fait son voyage
Et la belle femme qu"il ram'nait avec lui
L'avait laissé pour un gars d'l'équipage
Qui s'est noyé - un accident - la nuit...
Et comme avant sur les quais, dans les cales
Avec ses chiens p'is ses vieilles culottes sales...


À l'entrée du restaurant une pleine page de journal relatant sa vie est affichée bien en vue. J'aurais dû prendre des notes. J'ai oublié certains détails. À mon âge, la mémoire n'est souvent plus ce qu'elle était.

Mais je me souviens que Laure était radieuse. C'était le 25 avril. La neigne hésitait à partir. Pendant ce temps, à Montréal, les terrasses étaient remplies. Certains défiaient avril, torse nu. Pas à Natashquan.

Par la fenêtre, on pouvait voir l'école où Vigneault avait grandi. C'est la patronne du restaurant qui nous a indiqué ce détail charmant. C'est maintenant un musé à la mémoire des chansons de Vigneault. Ce n'est pas encore ouvert. Je reviendrai, c'est sûr.


De l'autre côté du pont, près de la maison de Gilles Vigneautl, nous n'avons pu résister au charme de celle-ci.