D’un point de vue empiriste, le matérialisme a incontestablement joué un rôle historique important dans le combat contre le dogmatisme religieux et la métaphysique, mais il doit éviter de se muer à son tour en une forme d’apriorisme, en imposant des contraintes arbitraires à la recherche de vérités empiriques sur le monde. Jean Bricmont - SPS n° 273, juillet-août 2006
Un de mes amis m'écrivait aujourd'hui:J'ai horreur des balivernes stupides que véhiculent les religions contemporaines.
(...) Je ne crois pas au spirituel. Les esprits n'existent pas. Pourquoi alors en parler ou encore leur parler ?
La réalité est tellement simple. Nous retournons au néant, poussières d'étoiles.
Ce n'est pas un point de vue que je partage. Je respecte l'opinion de cet ami. Il a droit à ses idées. Et il nous arrive de nous taquiner sur le sujet. Il est sain de débattre d'une question en provoquant. C'est un art que Jacques Parizeau maîtrise à merveille. Et je l'admire. Je n'aime pas les gueules de bois.
Ceci étant dit, je reconnais que l'ami en question est un adepte du matérialisme. Mais pour moi, cette école de pensée se comporte comme les religions qu'ils attaquent. Quand cet ami écrit Les esprits n'existent pas, il a peut-être raison. On peut le penser. Mais il est impossible de le prouver scientifiquement.
Le texte de cet ami, fort brillant par ailleurs, est assez éloquent sur le fait de ne pas accepter des idées contraires aux siennes. Cette attitude reflète bien celle de ceux qui pensent ainsi. Pour eux, ceux qui croient en Dieu, en un dessein intelligent, sont dans l'erreur, pour ne pas dire stupides.Les matérialistes croient souvent en des préceptes comme s'ils étaient des vérités d'évangile, leur évangile. Ceux qui ne pensent pas comme eux sont des être faibles, insécures, peu instruits, moins intelligents que la moyenne. Ils les jugent comme des êtres qui ne peuvent comprendre ce qui se passe autour d'eux et ont un besoin maladif d'être rassurés.
Selon eux, la théorie de l'évolution est un dogme absolu. Je crois aussi en ses fondements. Mais j'y mets des nuances et des hypothèses à vérifier.
Les matérialistes purs et durs ne croient pas dans le libre arbitre. Selon eux, on ne peut faire de choix. Tout est décidé à l'avance dans nos gènes à travers les molécules d'ADN qui ont la capacité de nous orienter pour leur survie. La sélection naturelle fait que seuls les plus forts survivent.
Selon eux, tout est inscrit dans le cerveau. Le cerveau n'est qu'une machine. C'est lui qui nous commande. Nous n'avons aucun pouvoir sur lui. C'est un peu ce que je prétendais dans mon travail au Collège sur Le cerveau et la pensée. Mais je ne mettais pas en cause l'idée d'une vie immatérielle après la vie. Dans ma tête, il n'y avait pas d'opposition. Je croyais en l'existence de phénomènes surnaturels, sans pouvoir affirmer quoique ce soit.
Les matérialistes ont la présomption de faire baser leurs connaissances sur la science, des preuves scientifiques rigoureuses et indiscutables. Or, je crois que beaucoup d'affirmations des matérialistes restent des hypothèses qui n'ont jamais été démontrées de façon scientifique. Au contraire, les nouvelles connaissances scientifiques viennent prouver que des affirmations des matérialistes sont fausses.J'en donnerai des exemples assez éloquents dans un de mes prochains billets. Je vais aussi revenir sur le travail que j'ai fait sur Le cerveau et la pensée. J'irai le chercher la semaine prochaine. Je ne l'ai pas relu depuis que je l'ai remis en 1964 ou 1965. Je ne me souviens même pas de la note du travail.
Avant de penser au Ciel, organisons-nous pour rester les deux pieds sur terre.On ne peut ignorer les menaces qui pèsent sur elle. Il faut agir et vite. Sinon, nous saurons si Dieu existe plus vite que nous voulons. Faut pas se presser pour le savoir.J'ai découvert un site très intéressant sur le sujet et je vous invite à prendre connaissance des dossiers chauds qui nous touchent de près.
Cliquer sur Dossiers chauds: impliquez-vous!
À suivre...

7 commentaires:
Bonne chance pour le concert. C'est un peu loin pour moi pour y aller mais je leur tiens les pouces!
Je suis désolée cher ami, je ne suis pas venue beaucoup ces derniers jours, je suis tellement fatiguée et aussi prise dans une spirale infernale.
Votre billet est intéressant à plus d'un titre. Il me parle beaucoup ces jours-ci. Peut-être l'aurez-vous compris dans quelques textes que j'ai écrits dernièrement. Je suis actuellement engagée dans une recherche qui se passe en prison. J'ai rencontré plusieurs détenus avec qui j'ai eu de longs entretiens. Outre le fait que je n'étais pas vraiment préparé à entendre certaines choses difficiles, aller travailler en prison est quelque chose de poignant (je suis peut-être trop émotive). J'ai eu l'occasion de parler avec ses détenus de leurs croyances religieuses. C'est incroyable. Le passage en prison fait que l'homme essaie de se raccrocher à quelque chose de supérieur, quelque chose qui peut les aider, d'une manière ou d'une autre, à traverser cette expérience. Il y en a qui parlent d'Allah, d'autres de Dieu, beaucoup de Jésus qui semble-t-il est une figure plus humaine et plus accessible pour le commun des mortels qu'un Dieu tout-puissant, et un a même parlé du grand architecte. Ces entretiens étaient tellement riches, bien sûr, je ne peux pas divulguer tout ce que j'ai entendu, par souci de confidentialité et pour respecter l'éthique de la recherche mais aucune de ces personnes ne m'a parlé de matérialisme... Même celui qui se disait athée disait qu'il participait à des cérémonies religieuses... pour être avec les autres. Chacun a ses croyances, chacun a reçu une éducation, qui nous forge pendant toute notre vie. L'être humain actuellement a peut-être plus de propensions à "bricoler" ses croyances, à prendre les choses qui l'intéressent dans toutes les religions, pour s'en sortir dans la vie, pour se sentir plus grand, plus vivant, plus soutenu par ce quelque chose de transcendental. Le problème, ce sont les intégristes qui brouillent les cerveaux et au nom des dieux, prônent la guerre. Voilà les dérives des religions qui peuvent bien sûr en rebuter plus d'un... Dire que les esprits n'existent pas, je ne sais pas. Tout ce que je sais, c'est que vivre avec certaines croyances peut aider certains d'entre nous. Et à nous de le respecter. Voilà, je ne relis pas, j'espère que je me suis bien exprimée. Je vous embrasse cher ami et à bientôt.
Bonjour chère amie Delphinium,
On dit parfois que le temps est notre meilleur allié, mais il a ses caprices. On ne le trouve pas toujours. J'en sais quelque chose.
Et si tu en trouves, c'est bien d'en garder un peu pour toi, te resourcer, te reposer.
Tu n'avais pas besoin de te relire. Tout est tellement clair, parlant. Ce que tu dis des détenus me touche beaucoup. C'est tout à fait l'idée que j'en ai. La souffrance les rappochent souvent de Dieu comme il est difficile de l'imaginer. C'est ce que m'ont rapporté des gens qui les ont côtoyés.
Ces gens-là ont une carapace dont ils ont besoin pour survire. Ils ne la laisse pas percer par n'importe qui. Ils ont leurs règles, leurs codes et leur façon d'évaluer à qui faire confiance. Ceci était fait, dans bien des cas, ils communiquent mieux que tout autre et demeurent fidèles à ceux qu'ils finissent par accepter.
Tu as réussi avec certains de toute évidence. C'est un bon signe en ta faveur. Je crois que tu adorerais le livre d'un de mes anciens profs qui a été très longtemps curé de prison. Tout ce qu'on y trouve te facinerait à coup sûr. Il est probablement épuisé. Mais puisque je connais son auteur, je me ferai un plaisier de t'en envoyer une copie gracieusement.
S'il est vrai que le hasard fait parfois bien les choses, je crois qu'il me faut t'envoyer ce bouquin.
Comme par hasard, ma nièce qui habite notre maison de Sherbrooke a obtenu pour son prochain stage un travail dans un pénitencier. Elle en est ravie.
Prends bien soin de toi, Delphinium
je vous envoie un mail quand je rentre de WE. Bises! et merci
Bonjour Jackss
Très intéressant ton billet qui m’a conduit à bien des réflexions.
A chacun son droit de pensée, sa façon de vivre et de concevoir sa vie, la vision matérialiste ne me convient absolument pas, elle est complètement l’inverse de ma pensée et m’inspire froideur et néant.
J’ai besoin de chaleur et d’espérance.
Ton billet m’a immédiatement renvoyé à Montaigne, l’humaniste, dont je me sens adepte, et à la démarche qu’il a entreprise dans l’écriture des « Essais », durant les 20 dernières années de sa vie.
Je le trouve inspirant.
A la différence des animaux dans l’échelle des êtres, l’homme serait supérieur. Pourtant les castors ne nous ont pas attendus pour construire des barrages, les araignées n’ont pas besoin de cours de géométrie pour tisser leur toile, il semblerait qu’il y ait une chose que nous possédons en propre : notre orgueil !
Celui-ci nous conduirait à nous représenter un dieu à notre image : un surhomme à l’intelligence et à la volonté infinies, doté de toutes ces qualités que nous lui attribuons : justice, miséricorde, puissance… Et nous ne cesserions de vouloir le saisir et le comprendre, d’utiliser notre raison pour dire ce qu’il est et ce qu’il veut.
Notre orgueil nous ferait penser que si Dieu existe, il peut être saisi grâce à nos facultés.
L’humilité nous ferait reconnaître que s’il existe, il n’est pas approprié à nos facultés. Dieu est inconnaissable et impensable. Nous ne pouvons rien dire de lui.
L’orgueil conduirait chacun de nous à estimer que ses pratiques sont supérieures à celle des autres, nous faisant désigner comme barbares ceux qui ne se comportent pas comme nous.
Pourtant, observer les hommes, c’est comprendre que nos valeurs et nos jugements dépendent de notre milieu, de nos coutumes et habitudes. Il n’y a pas de lois universelles qu’il faudrait respecter, pas de coutumes ni de civilisations supérieures à d’autres. Il y a des faits, des coutumes et, sauf cas exceptionnel, le mieux est de suivre les lois et les coutumes de son pays. La diversité est la règle, nous invitant à la tolérance et à la prudence.
Je trouve géniale la démarche de Montaigne dans les « essais » de peindre un homme dans ses doutes, ses interrogations, opinions, cheminements, plutôt que de parler de l’homme en général, de manière abstraite, de lui assigner une place dans les hiérarchie des êtres en toute ignorance.
Puisque nous n’avons accès ni à Dieu ni à l’être, qu’aucun système n’est en mesure d’établir une vérité définitive, puisque l’homme ne peut se connaître en se comparant, nous voila seuls pour affronter un monde instable.
L’homme devrait donc se peindre tel qu’il est : un être qui doute et qui change. Contre l’orgueil et les certitudes dogmatiques des grands systèmes, le doute serait la seule position synonyme d’humilité. De là cette formule au cœur des « Essais » : « Que sais-je ? ».
C’est alors seulement une fois que l’homme saurait se comprendre qu’il pourrait atteindre le bonheur. Là où les systèmes philosophiques nous ont proposé une définition abstraite de l’homme, il s’agit de se tourner vers l’homme concret, c'est-à-dire d’abord vers soi-même.
Montaigne se peint lui-même non pour se confesser, mais pour nous montrer la condition humaine. A travers un art de vivre, l’homme pourrait ainsi connaître le bonheur, en vivant avec le maximum de plaisir et le minimum de peine, et en acceptant la vie telle qu’elle est. Mais pour cela, il faut apprendre sans Dieu…
Et puis après Inch Allah !
Ton texte aussi est très intéressant, Michel
Il me rejoint à plusieurs égards. Je crois que le jour où on ne se posera pas de questions, ce sera la mort de notre pensée. Nous n'aurions plus besoin de réfléchir. Notre créativité et notre désir de dépassement s'éteindraient.
C'est le même principe qu'un jeu vidéo. Une fois qu'on a vaincu un niveau de difficulté, un autre plus élevé apparait. Le jour où on réussit à tout coup, le jeu n'a plus de valeur. On peut le mettre à la poubelle.
Je suis donc bien content de savoir que je ne possède pas la vérité et que je ne la posséderai jamais.
Je passais dire un beau bonjour, ça faisait un petit moment mais je suis loin de ne pas penser à Jacks!
À bientôt!
Mag
Bonjour Magenta,
Tabarnouche, ça fait plaisir de te voir venir faire un petit clin d'oeil par ici.
C'est vrai qu'il y a des internautes qu'on n'oublie pas. Moi aussi j'ai l'habitude de garder en tête des habitué(e)s de mon blogue que je ne vois pas depuis un certain temps. Et tu en es.
Je me suis empressé d'aller te rendre la politesse sur ton blogue. C'est toute une aventure que tu vis.
Prends bien soin de toi,
Jackss
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