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J'ai été vacciné à l'hôpital de Havre-Saint-Pierre aujourd'hui. Durée de l'attente 10 minutes. La municipalité comprend 4000 citoyens.On en a vacciné 1000 en fin de semaine dernière. L'organisation était impeccable. Nous avions tous un numéro, un siège pour attendre, un document à compléter durant l'attente. Il fallait présenter sa carte d'hôpital pour avoir un numéro. Les infirmières faisaient travail très humainement prenant le temps de nous expliquer le processus et faire un peu connaissance.
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Ma soeur Nicole est décédée de la grippe asiatique en 1957. Cette grippe était de souche H1N1. Est-ce que dans les conditions actuelle, elle aurait eu plus de chance de survie?
Pas sûr. Encore aurait-il fallu qu'elle puisse être vaccinée. Je comprends la panique des parents qui ne réussissent pas à faire vacciner leurs enfants. La situation est très urgente.
Les virus ne décideront pas d'attendre que tous les enfants soient vaccinés avant d'attaquer plus fort. Le Québec pourrait retarder la vaccination pour prioriser les femmes enceintes. Les priorités changent tous les jours. Y-a-til un pilote dans l'avion?
Selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé, près de 700 décès ont été attribués à la grippe H1N1 au cours des sept derniers jours, portant le total à au moins 5700 morts. Les pays américains situés au nord de l'équateur restent les plus touchés: plus de 90 % des décès y ont eu lieu la semaine dernière.
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S'il y a un tel bordel sur le plancher des vaches, c'est qu'il y a aussi un fouillis tout en haut. Trop d'organismes, trop d'acteurs, et pas de leaders. Souvenons-nous du rôle du premier ministre Lucien Bouchard et du pdg d'Hydro-Québec, André Caillé, pendant la crise du verglas. Dans cette crise, il n'y a pas de pilote dans l'avion.(Alain Dubuc) Bien sûr, il ne faut pas créer de panique inutile. Mais il y a au moins tout lieu de se poser des questions. Comment se fait-il qu'une pandémie annoncée depuis si longtemps n'ait pas permis une meilleure préparation? Je suis toujours surpris de voir qu'on manque tant de compétences pour la gestion de crises. Pour moi dire que toute la planète a les mêmes problèmes, ça ne me permet pas de d'excuser les ratés du système.
Ce que je trouve le plus touchant dans de telles catastrophes, ce sont les manifestations de solidarité humaine. Il y en a toujours.

Mais il y a aussi les manques de solidarité, de compassion. Je pense à ceux qui ne sont pas prioritaires et veulent se faire vacciner avant tout le monde, n'hésitant pas à se placer au début de la file. Je pense à ceux qui vendaient à des prix exorbitants les chandelles pendant la crise du verglas qui a jeté une grande partie du Québec dans l'obscurité pour plus d'un mois.
Je pense à une situation personnelle vécue à l'occasion du décès de ma soeur Nicole. Elle fut exposée et inhumée dans un tout petit village où nous avions vécu plus jeune: Roxton Falls. Juste en face de l'église et du cimetière vivait une autre de mes soeurs: Manon. Lorsque mes parents se sont séparés, en 1951, Manon n'avait que quelques mois. Mon père a obtenu sa garde légale et l'a placée dans une famille à plusieurs kilomètres de nous. Ma mère déjà profondément affligée par le décès tragique de Nicole aurait tellement apprécier voir Manon, sa 3è fille, avec nous pour la circonstance. Mais on ne lui en donna pas l'occasion. Il y a des âmes pour qui la méchanceté n'a pas de limites. Imaginez, Manon et la dame qui la gardaient demeuraient juste à côte de l'église. Som mari était sacristain et se trempait les mains dans l'eau bénite à tous les jours.
La photo qui suit était presque prémonitoire. On voit Nicole sur le quai de la gare de St-Hyacinthe avec Yves. On a tous un dernier train à prendre un jour. Lorsque Nicole prenait le train, même le dernier, ce fut pour aller voir sa soeur Manon. Elle n'a jamais pu être seule avec elle, lui parler comme elle aurait aimé le faire. Et même après sa mort, Manon n'a pas été autorisée à aller se recueillir près d'elle...

Manon a aussi beaucoup souffert de cette séparation. Elle ne savait pas ce que nous pensions vraiment d'elle, de la situation. La dame nous fixait durant la rencontre mensuelle et ne se gênait pas pour nous insulter si ce que nous disions lui déplaisait. Toute la famille était en émoi, triste et scandalisée. Nos tantes, nos cousines trouvaient la situation d'une tristesse inacceptable. Certaines de mes cousines pensaient même parfois à faire un coup d'éclat: aller enlever Manon pour la ramener avec nous.
Les petites misères, les épreuves, nous en avons tous. Il y a celles que l'on ne peut pas éviter, les Act of God. Ce sont des occasions uniques de se retrousser les manches, faire preuve de fraternité, de solidarité humaines, trouver des forces insoupçonnées. Ce n'est pas toujours le cas. Et il y a aussi beaucoup de catastrophes que l'homme crée lui-même. Il y a les crimes que l'on commet au nom de Dieu

Comme si ce n'était pas assez, il y a aussi ce qu'on appelle l'ironie du sort. L'année dernière, je suis allé au cimetière où repose Nicole. Sur le même emplacement, il y a le cercueil de ma mère, mon père. Et juste à côté, par hasard, il y a le tombeau de la dame chez qui nous allions visiter Manon tous les mois à côté de l'église de Roxton Falls. Ma mère repose juste à côté d'elle... pour l'éternité.

























































